Le coaching tel que nous le connaissons actuellement est une discipline récente (une douzaine d’années en France) qui a le mérite de répondre à certains besoins fondamentaux de notre époque : sortir de l’isolement, communiquer, optimiser ses décisions et ses actions, trouver du sens, découvrir son génie personnel et sa contribution au monde, etc…
Le coaching est une synthèse moderne de différents modes de relations d’aide.
Il a emprunté son nom au monde du sport mais ses outils et ses méthodes viennent de la psychologie, des psychothérapies, du développement personnel, de la philosophie et des traditions spirituelles.
Il existe donc de nombreuses formes de coaching, et ce n’est pas l’objet de cet article d’en dresser la liste.
Personnellement, j’ai découvert le coaching en 1990 lors de formations professionnelles que j’effectuais aux Etats-Unis. J’ai été parmi les premiers à le proposer en France, dans le cadre de mon métier de consultant et formateur en Ressources Humaines. Je pratique maintenant deux formes différentes et complémentaires de coaching.
Un coaching de type « yang », c'est-à-dire un minimum de conversation pour un maximum d’action.
Un coaching de type « yin », c'est-à-dire un espace de suspension pour une invitation à la transformation.
Coacher devient alors l’art d’offrir un espace ou quelque chose peut changer.
Pour illustrer cette forme « yin » du coaching, on peut se référer à l’esprit de la philosophie taoïste chinoise. Il y a une dizaine d’années, je me suis permis d’écrire un petit livre, le Tao du Coaching (tiré et diffusé à compte d’auteur) ou je paraphrase quelques aphorismes de Lao Tseu en les adaptant à l’exercice du coaching.
En voici quelques uns :
Etre une sage-femme
Le coach plein de sagesse n’intervient pas sans nécessité.
Souviens-toi que tu es là pour faciliter le processus. Ce n’est pas ton processus. Ne t’immisce pas. Ne contrôle pas. N’introduis pas de force tes propres besoins ou tes lumières.
Si tu ne fais pas confiance au processus du client, le client ne te fera pas confiance.
Imagine que tu es une sage-femme. Tu apportes ton aide à la naissance de quelqu’un d’autre. Fais-le bien, sans « la ramener » et sans en rajouter. Laisse tomber ce que tu crois qui devrait se passer. Si tu dois intervenir, fais-le de manière à aider la mère, en lui laissant sa liberté et sa responsabilité.
Quand le bébé sera né, la mère dira à juste titre : « C’est moi qui l’ai fait, c’est mon bébé ».
Accepter de passer pour un imbécile
Le meilleur travail semble souvent tout bêtement simple aux clients qui ne sont pas habitués à cette sorte de coaching. Et pourtant, beaucoup est accompli.
Peut-être, il semble que le coach soit seulement assis là, sans aucune idée de ce qu'il faut faire. Mais c'est justement cette absence d'intervention inutile qui permet au client de grandir et d'être fécond.
Peut-être certains clients sont déçus et attendaient un expert qui aurait donné une abondance d'explications et de conseils. Mais ce que le coach dit est si évident que cela semble souvent le fait d'un simple d'esprit.
Même l'honnêteté du coach rend étrangement perplexe.
Passer pour un imbécile n'a pas d'importance.
Quand vous avez froid, vous agitez les bras pour vous réchauffer. Mais quand vous avez trop chaud, vous restez tranquille. C'est du bon sens.
Le calme et l'immobilité du coach viennent à bout de l'agitation du client.
La conscience du coach est l'outil premier de son travail.
Accueillir la spiritualité
Un véritable travail de coaching devrait inclure la dimension spirituelle pour pouvoir prendre en compte l’anxiété existentielle de notre époque. Sans le plus haut, le plus bas et le plus horrible demeurent non dits. Un malaise diffus en découle.
Sois ouvert à parler des religions traditionnelles ou des nouvelles spiritualités, même si certains paraissent horrifiés. Questionne les résistances autour du terme « Dieu ». Permet de découvrir les mots qui relient. Donne une voix à la voie.
Les grands leaders laïcs ont tous une dimension universelle et vivent en harmonie avec les valeurs spirituelles. Il existe un chemin de connaissance plus élevé que la raison. Il y a un « Soi » plus vaste que l’égo.
Par sa vie et son travail, le coach démontre l’intégration de cette dimension et l’unité de toute création.
Il n'y a rien de nouveau
Le coach avisé sait que cette manière de communiquer et d’accompagner est facile à comprendre et simple à pratiquer.
Mais peu de professionnels comprennent cette approche et l'utilisent dans leur travail.
Franchement, c'est trop simple et trop ancien pour attirer l'attention. La règle, c’est que le plus grand intérêt est donné à ce qui est le plus nouveau.
Le sage, qui suit le principe unique et sait comment les choses se passent, n’accomplit rien de nouveau ou d'original.
Le coach avisé n'intéressera à première vue que peu de clients, ceux qui reconnaîtront le trésor de la tradition derrière les apparences de la mode.
Mais ces clients seront sa meilleure publicité et sa réputation se fondera sur le principe éternel. Il n'y a rien de nouveau: c'est juste le Tao.
A propos de l’auteur
Gilles Roy a étudié différentes traditions et effectué un long parcours en développement personnel. Il est également psychothérapeute (titulaire du CEP).
Il a crée voici maintenant dix ans son propre cycle de formation au Coaching (orienté vers les solutions) et formé plusieurs centaines de personnes, en France, en Suisse et en Belgique.
Pour tout renseignement complémentaire : Gilles Roy
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